Portrait de créateur, Bruno Ronzier, céramiste à Brain s/Vilaine

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Pour Bruno Ronzier, ses premiers instructeurs en céramique ont été la terre du jardin, le feu de la cheminée, Daniel de Montmollin et son « Poème Céramique », les musées d’archéologie avec sa mère et les croquis d’animaux de son père.

Après une formation complète de potier-céramiste à la Borne auprès d’Agnès Chapelet, il s’installe enfin en 2010 à Brain-sur-Vilaine en Pays de Redon.

« La vaisselle est une envie multiple qui tient au plaisir de tourner, de maîtriser ce très vieux métier de potier tourneur, de faire de masses informes des formes parfaites et d’ aligner des dizaines de pots humides sur une planche. »

Il prépare une partie de sa terre à partir d’un gisement dans les marais de Vilaine. Les autres terres viennent du Fuilet et de stocks de terres méditerranéennes.

Concernant les décors, la basse température des faïences était au départ un pari écologique sur l’économie de bois de chauffe. Il lui a fallu totalement découvrir le grès, cette matière si différente où l’émail ne se suffit plus à lui-même. La terre vernissée d’abord et la jouissance de décors alambiqués à l’engobe et au clou. La « vraie faïence » à l’émail blanc opaque ensuite, où seul le pinceau peut intervenir.

D’un langage complexe, Bruno a privilégié le minimalisme avec ces motifs de plantes et de poissons, qui, par leur danse permanente, sont les héros bienvenus dans cette fête du presque rien.

Portrait de créateur, Rudolf Floss, céramiste à Quistinic (56)

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L’atelier « Poterie Kermadec »  à Quistinic existe depuis 30 ans. Rudolfs, accompagné de sa femme Marie y fabrique des céramiques en grès émaillé, à la fois utilitaires et décoratives.

Ruda prépare sa terre et fabrique ses émaux. Cette terre qu’il aime sentir, toucher a toujours imprégné sa vie.

Ses pièces sont  tournées ou modelées, cuites dans un grand four à bois puis à gaz.

Il puise son inspiration dans le travail de la terre et des cuissons de Bernard Leach, potier anglais qui a fait son apprentissage dans les années 1920-1930 au Japon.

Son atelier propose aujourd’hui des poteries culinaires telles les cocottes en terre, les pots à lactofermentation, les beurriers à eau, les rafraîchisseurs, mais aussi des pièces utilitaires comme les théières, les bols, les tasses, les jattes, les écuelles, les saladiers, les plats ou encore les pichets…Ses cocottes et rafraichisseurs ne sont pas émaillés, afin de conserver la texture, l’énergie et l’aspect naturel de l’argile.

Liés à la terre par leur travail en tant que potier, mais aussi en tant que jardinier et éleveur, Rudolf et Marie aime cette nature cyclique qui nous nourrit, où le bon et le beau sont indossociables.

De plus, la Poterie Kermadec est engagée dans le bio-éthique car les résidus de poterie sont inertes.

Leur travail nous permet de reconnecter avec cette terre vivante et ces savoir-faire ancestraux.

Portrait de créateur, Henri Ackermann, céramiste à Séné (56)

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Rien n’est plus important que le choix d’un métier, mais, le plus souvent, le hasard en dispose” a écrit je ne sais plus qui? Disposition qui est sans doute tombée sur Henri Ackermann vers l’âge de 10 ans quand un atelier de modelage l’a passionné par le contact de la terre.

Après un détour par l’architecture, qui au demeurant se soucie normalement aussi de nos besoins quotidiens, la nécessité de disposer de bons plats culinaires, de beurriers, de pots pour conserver, d’un vinaigrier et de bols pour le thé ou le café, a permis a Henri de remettre les mains dans la terre.

Son intérêt profond pour la géologie et son attachement à sa terre de vie, le massif Armoricain, ouvrent des expérimentations d’alchimiste pour les terres glaçures, couvertes engobes…

Le jeu avec les poudres de pierres et les cendres de matières organiques permettent au potier de remonter le temps et de reconstituer une histoire, enregistrée dans la matière.

Avec le feu à haute température, Henri Ackermann accélère la vitesse des atomes pour créer de nouveaux cristaux qui se figent en refroidissant et nous offrent de beaux objets du quotidien, une chance de contact avec le réel, avec l’autre, avec la vie.